dimanche 24 janvier 2021

Propagation visuelle : envahir un espace selon une logique particulière


Effets secondaires. Eleonora Stella Hariyono Oei. 2018

La propagation visuelle dans une image animée, permet de remplir peu à peu un espace selon une logique chronologique et spatiale particulière, qui accompagne l'intention de l'artiste.

Les élèves de troisième ont expérimenté la notion de propagation sous la forme d'un travail préparatoire en folioscope, puis en informatique, avec la création d'un GIF animé.

Pour voir les animations des élèves de troisième: cliquer ici


L'animation, qui donne l'illusion du mouvement en intégrant la dimension temporelle, permet d'impliquer le spectateur, en faisant de lui le témoin de l'évolution de l'image qui semble bouger.

Dans les installations, formes privilégiées en art des processus créatifs de propagation, de dissémination, de prolifération, de contamination ou de contagion..., c'est le spectateur qui est amené à déambuler, c'est à dire à passer du temps et à bouger, dans un environnement spatial fixe, en mouvement ou en évolution.


Uncertain journey, 2017, Chiharu Shiota. 


Leviathan Thot, 2006, NETO


Bololô, 2011, Henrique Oliveira


 Sculpture, 2011, Guzman.


Contamination, 2007, Joana Vasconcelos.


Dot obsession, 2004. Yayoi Kusama.


 Instant mashed patatoïd, 2002, Michel Blazi.

dimanche 3 janvier 2021

Après moi, le déluge...

"Thermostat 6" est un court métrage d'animation réalisé par Maya Av-ron, Marion Coudert, Mylène Cominotti et Sixtine Dano pour leur diplôme de fin d'étude à l’école des Gobelins.

Elles ont utilisé cette opportunité pour traiter d’un thème qui leur tient à cœur : les enjeux du réchauffement climatique face au déni dans lequel nous sommes prostrés, en tant que société.

Ce film d’animation se base sur une métaphore qui fait un parallèle entre l’état de l’environnement et un repas de famille.
« Notre famille représente les différentes réactions des membres de la société face aux enjeux actuels. On s’est dit qu’une famille, avec ses différentes personnalités et générations serait parfaite pour aborder ce thème. La fuite d’eau c’est le débordement in-arrêt-able, l’emballement climatique qui arrive, la montée des eaux et du thermostat.
La maison, c’est la Terre, passée de génération en génération, qui s’est dégradée et n’a jamais été réparée.
La mère, le consumérisme, fait oublier les problèmes en apportant un flot de divertissements tous plus appétissants les uns que les autres.
Le père, consommateur indifférent, repose sa responsabilité sur un plombier qui ne viendra jamais et préfère relativiser : après tout c’est plus agréable quand il fait plus chaud.
Le grand-père, figure patriarcale et conservatrice s’empêche de voir la réalité avec son journal devant les yeux. C’est lui qui a construit le système et on ne touche pas ses fondations ! Tout a toujours très bien fonctionné, pourquoi le remettre en question ?
Le petit garçon est emporté dans le flot des conséquences des problèmes non réglés des générations précédentes.
Et enfin la jeune fille, seule à tenter d’arrêter la fuite illustre les prises de consciences et les tentatives d’action maladroites car trop isolées et rarement soutenues. C’est le citoyen, le militant qui n’a pas abandonné et qui continuera à chercher une solution jusqu'au bout malgré la hauteur du problème. »

samedi 2 janvier 2021

Let's pollute: de la soupe Campbell au syndrome du caddie...

 


Let’s Pollute est un film d’animation écrit et réalisé par Geefwee Boedoe et produit par Happy-Go-Dismal en 2009.


D’un style clairement inspiré des films éducatifs des années 50-60, c'est un film satirique sur l’évolution de nos habitudes de consommation et les conséquences que cela impliquent pour la planète. Il démontre à quel point la pollution dont nous sommes héritiers contribue à la prospérité de notre économie.
En misant sur l’ironie, le résultat permet d’aborder des problèmes environnementaux sérieux avec une pointe d’humour tout en tournant au ridicule des comportements irresponsables.
Quelles sont nos valeurs aujourd'hui ? Pourquoi consommons-nous sans vraiment nous soucier (ou rarement) de l’impact de nos choix ? Qu’est-ce qui justifie une telle hypocrisie généralisée ? Notre confort perpétuel en vaut-il le prix ? 
Nominé aux Oscars du court-métrage d'animation 2011, Let's Pollute nous plonge dans l'incohérence qu'est notre réalité moderne avec un second degrés critique effrayant.
Pourquoi se voiler la face ? Nos actes détruisent la planète, alors encourageons les !

Nous suivons une famille au fil du temps qui fait son maximum pour s’intégrer à une société où le gaspillage et la pollution sont les moteurs. Après un petit rappel de notre héritage de pollueurs inexpérimentés, le court métrage nous rappelle que la révolution industrielle et l’invention de la machine sont venus à notre secours afin d’enfin pouvoir polluer jour et nuit sans interruption.
Exploitez sans modération les ressources naturelles, achetez toujours plus, que du jetable de préférence, ne triez pas vos déchets, luttez contre le restrictions environnementales qui empêche la pollution chimique des industries, ne réparez rien, n’achetez jamais d’aliments bio, préférez les plats préparés sur-emballés…
Grâce à Let’s Pollute, apprenez à mieux polluer et détruire la planète. "Polluer est votre privilège. Et votre devoir !"."Avec de la discipline, vous pouvez toujours consommez plus, gaspillez plus, tout en étant moins responsables !"


Cette critique de la société de consommation s'ancre dans "l'american way of life" qui a servi de modèle au développement des sociétés occidentales depuis les années 1930, trouvant sa pleine influence après la seconde guerre mondiale et pendant la guerre froide.

LouisvilleKentucky1937Margaret Bourke-White

Epoque de prospérité fictive (seule une partie de la population y avait accès...) et de bonheur stéréotypé, cette manière de vivre insouciante, basée sur la consommation et les loisirs, a été célébrée autant que critiquée par le pop art, qui en montre la beauté idéalisée.
Les artistes utilisent les images emblématiques et populaires (publicités, affiches de cinéma, magazines, bandes dessinées...) et les objets du quotidien, sources d'envie et de plaisir, comme matériaux et thème de représentation. Ils exploitent également le système médiatique en plein essor, comme nouveau moyen d'organisation et de diffusion  de la création artistique.

"Quand on y songe, les supermarchés sont un peu comme des musées". Andy Wahrol

Andreas Gursky « 99 cents » 1999, photographie de grand format d'un supermarché accumulant les marchandises

« Plus on regarde exactement la même chose, plus elle perd tout son sens, et plus on se sent bien, avec la tête vide. » Andy Wahrol

Andy Warhol, 32 soupes campbell, 1962

Martial Raysse, Soudain l'été dernier, 1963 - Centre Pompidou, musée national d’art moderne 
Roy Lichtenstein, femme au miroir, 1963

Tom Wesselmann – Still life n°30 (1963) 122 x 167,5 x 10 cm MoMA

James Rosenquist: World’s Fair Mural, 1964

Jusqu'à la fin du XXème siècle, les artistes critiques de la société de consommation en ont principalement dénoncé le caractère aliénant pour l'individu, face à ses dérives économiques, politiques, idéologiques et sociales.

Collage de Richard Hamilton,1956
Just what is it that makes today’s homes so different, so appealing? 

Keith Haring. 1958-1990. Drapeau américain


Ralph Goings, "America’s Favourite", 1989, Collection of Susan P. and Louis K. Meisel, New York

Barbara KRUGER, Untitled (I shop therefore I am), 1989

Supermarket lady, Duane HANSON1969.

Jean-Baptiste Mondino,  photographie pour pochette de l'album "J'accuse" de Damien Suaez, 2010, qui dénonce la société de consommation façon Zola ( l'affiche a été interdite par la censure dans les rues de France... )

La chute,  Banksy, quartier chic de Mayfair (Bruton Lane), London, 2011

Aujourd'hui, l'urgence écologique incite les artistes à critiquer la société de consommation globalisée pour ses conséquences catastrophiques pour la planète: changement du climat, mort de la nature, détérioration des conditions de vie et de la santé des humains.


2019. La grande vague. Créapills

De l'accumulation comme processus créatif signifiant

La création consiste à remplir peu à peu un espace donné, qui laisse transparaître la chronologie du processus technique. Les phénomènes de propagation, de dissémination, de prolifération, de contamination sont des gestes créateurs qui suivent des logiques particulières, liées à l'intention de l'artiste.


"Je suis donc tu es" par Maylis de Poncin. Nikon film festival, 2019


Campagne publicitaire télévisuelle anti-tabac. Tabagisme passif. 2006


Que ce soit de manière induite ou littérale, de nombreux artistes dénoncent le gaspillages de notre société de consommation, en utilisant l'accumulation comme mode de création.

Les déchets peuvent être mis en scène sous forme d'installation et leur présence en tant que tels vaut tous les discours.
Quand ils sont utilisés comme matériaux pour leurs qualités esthétiques, ils provoquent également par leur nature et leur provenance, un questionnement critique sur la société de consommation.
Leur représentation sous forme d'images: collages, photographies, peintures, ...etc... peut montrer l'horrible beauté qui se dégage de leur accumulation, alors même qu'ils ne sont parfois encore que biens de consommation, symboles du déchet en devenir, futurs détritus.
L'accumulation en tant que notion esthétique d'envahissement de l'espace par la multitude, amplifie l'idée de surproduction, de pollution, créant la même sensation d'oppression...

Arman. "Poubelle". Série débutée en 1959. Boite en plexiglas avec objets jetés aux ordures

Dirty white trash, with gulls (1998), Tim Noble et Sue Webster. Tas d'ordures ménagères en forme de silhouettes, projetées sur un mur: nous sommes ce que nous consommons...

Wasteland (2012),  de Vik Muniz. Tableau de grands maîtres reproduits avec des déchets de la décharge de Rio (ici, assassinat de Marat par david)
Liu Jianhua, Installation: objets non dégradables se déversant d'un container, envahissant l'espace d'exposition comme cela arrive tous les jours en mer
Julien Garcia. Assemblage en forme d'animaux réalisés avec des petits objets en plastique. interpelle sur la destruction de la faune par la concentration de ce matériaux  dans l'environnement

Bernard Pras. Installation anamorphose reconstituant la vague d'Hokusai. La mer devient une poubelle...

Tom Deininger. Tableau en relief constitué de détritus, représentant le drapeau américain. Les USA à l'origine de la société de consommation...

Tony Cragg. Installation: détritus en plastique triés par couleur et collés au mur, formant une palette de peintre. Interroge le rôle de l'artiste sur les question d'environnement
Claire Morgan. Installation en sac plastique de supermarché. Pourquoi utiliser une ressource précieuse (pétrole) pour une utilisation éphémère, ingrate et polluante?

Mary Ellen Croteau. Tableau autoportrait en bouchon de bouteilles plastiques. La beauté dans nos déchets... Alors pourquoi les jeter?

Chris Jordan, "cellphone", Atlanta, 2005, photographie dans un centre de destruction de téléphone mobiles, série "intolerable beauty"

Liu Bolin. Photographie avec corps de l'artiste peint posant devant un rayon de grand magasin, disparaissant parmi ces objets de consommation

Ru Xiaofan, Portrait peint: le personnage se surcharge et disparaît sous les objets que la société de consommation lui donne à désirer

Erro, " Food Scape", peinture de grand format remplie de représentations de nourriture donnant un sentiment d’écœurement face à la surconsommation

David Cintract, collage. Un super héro essaye de se frayer un chemin parmi une multitude d'images cultes de la publicité.

Jani Leinonen, The Most Terrible Things, 2015. Photo: Finnish National Gallery / Pirje Mykkänen
Bas relief reprenant des logos de marques:"les choses les plus terribles, guerres, génocides, et esclavage, ne résultent pas de la désobéissance, mais de l’obédience". Alerte sur l'influence des grand trust de la société de consommation sur les situations économiques, sociales et géopolitiques dans le monde.

David Terrazzano, crée des images peintes ou infographiques, qui posent un regard critique sur la société moderne

dimanche 20 décembre 2020

Illustrer, c'est traduire, à quelques détails près...



Les élèves de cinquième A ont travaillé sur l'illustration d'un texte, le livre des merveilles de Marco Polo, étudié en français. A partir de l'incitation : "Des détails qui changent tout", ils ont travaillé sur l'anachronisme et ont créé numériquement, à partir des enluminures du texte original, des dessins qui expriment par l'image leur remaniement du texte, tel que demandé par leur enseignante en littérature.


Les élèves de 5B et 5C quant à eux, ont travaillé sur les notions de ressemblance, en travaillant les détails d'une image, issue du film "Moonrise kingdom" de Wes Anderson (2012), étudié en français.


Ils ont repris le thème de la QPN (Quinzaine photographique nantaise) "Ensemble", en ayant comme fil conducteur: "Qui se ressemble s'assemble" ou "Qui s'assemble se ressemble".

Cliquer ici pour voir le livre des 5B

dimanche 6 décembre 2020

Comment créer un folioscope?

 Le folioscope (appelé flip book en anglais) est un procédé d'animation d'image qui joue sur la persistance rétinienne et l'effet phi.


Facile avec des post it:

Ingénieux pour aller vite: 
 

Retrouvez des exemples sur la chaine you tube du blog!






samedi 14 novembre 2020

Les détails qui changent tout : de la pastorale à la chute d'Icare

En apparence, ce tableau ressemble à une pastorale (thème pictural qui montre un monde champêtre idéalisé).
Pourtant, quelques détails permettent de comprendre qu'il s'agit de l'illustration de la chute d'Icare, histoire issue des métamorphoses d'Ovide.

La chute d'Icare, anonyme d'après Bruegel l'ancien (1558), vers 1583, huile sur bois, 63 × 90 cmMusée van Buuren, Bruxelles

Lorsque l'on connait l'histoire de Dédale et Icare, cela devient une évidence:



Et quelques détails de plus dans une autre version de ce tableau vient le confirmer!

La chute d'Icare, anonyme d'après Bruegel l'ancien (1558), entre 1595 et 1600 , huile sur toile transposée à partir d'un panneau de bois, 73 × 112 cm, Musée royal des Beaux Arts de Belgique

lundi 9 novembre 2020

Dopamine : tous accroc à la société de consommation qui détruit la planète... Wake up call!


"Wake up call" (appel au réveil) est un court métrage d'animation du graphiste Steve Cutts, bien connu pour ses prises de position concernant notre société de consommation.

"Un vrai coup de poing qui surprend comme le réveil à 6h du matin...

L'artiste s’est associé à l’association The Gaia Foundation pour sortir ces 5 minutes de pur éloquence visuelle dénonçant les méfaits des extractions minières et de notre société de consommation outrancière.

En quelques minutes, on y voit la destruction des forêts, la destruction des habitats et des populations animales et humaines, les forages qui font saigner la terre, les transports polluants qui font tousser la planète, les êtres humains qui travaillent à la chaîne pour une misère, les produits de consommation avec obsolescence programmée à destination des riches occidentaux, et la détresse de ces sociétés dites " riches" qui n’arrivent pas à suivre la cadence des nouveaux produits et vivent dans une frustration entretenue créant chez la population un vrai vide, une tristesse inconsolable.

Cliquer ici pour comprendre les phénomènes d'addiction utilisés par les acteurs de la société de consommation 

La musique, classique, entraînante, nous immerge dans cette petite histoire et la sublime.

On se pose beaucoup de questions en observant ce pamphlet contre les extractions minières.
Car quand on achète un iPhone ou un Galaxy à 600€, le vrai prix de l’objet ne se compte pas tant en euros, mais plutôt en conséquences humaines et écologiques : un vrai cauchemar !

Les activités minières vont tripler d’ici 2050. Ces activités entraînent des processus violents d’accaparement des terres (vol de terres appartenant aux autochtones de la part de multinationales sans scrupules).
Destruction, pollution, domination, violence : les coûts écologiques et sociaux de l’extraction minière sont immenses.

Nous devons ouvrir les yeux sur le vrai prix des gadgets électroniques, tels que les ordinateurs, les smartphones etc. Finalement, ils ne sont pas si élégants et classes que cela… C'est également l'avis de la plus engagée des styliste londonienne Vivienne Westwood qui met à l'honneur ce court métrage sur son site "climate revolution".

La conclusion de Wake Up Call est évidente : nous ne retrouvons notre humanité que lorsque l’on reprend le temps de retrouver une vie simple : du temps de qualité passé auprès de nos proches et des autres, la joie d’observer la nature, et la volonté de retrouver notre nature !

Réveillons-nous, avant qu’il ne soit trop tard. Arrêtons de jouer le jeu de la société de consommation. N’achetons que ce dont nous avons besoin. Recyclons. Réutilisons. Partageons."

(extrait tiré de l'article sur cette vidéo du site « l'indigné du canapé », qui traduit et résume en partie divers articles trouvés sur le net)


Les motivations à l'origine de cette vidéo expliquée par le commanditaire de l'oeuvre