La propagation visuelle dans une image animée, permet de remplir peu à peu un espace selon une logique chronologique et spatiale particulière, qui accompagne l'intention de l'artiste.
Les élèves de troisième ont expérimenté la notion de propagation sous la forme d'un travail préparatoire en folioscope, puis en informatique, avec la création d'un GIF animé.
L'animation, qui donne l'illusion du mouvement en intégrant la dimension temporelle, permet d'impliquer le spectateur, en faisant de lui le témoin de l'évolution de l'image qui semble bouger.
Dans les installations, formes privilégiées en art des
processus créatifs de propagation, de dissémination, de prolifération, de contamination ou de contagion..., c'est le spectateur
qui est amené à déambuler, c'est à dire à passer du temps et à bouger,
dans un environnement spatial fixe, en mouvement ou en évolution.
La création consiste à remplir peu à peu un espace donné, qui laisse transparaître la chronologie du processus technique. Les phénomènes de propagation, de dissémination, de prolifération, de contamination sont des gestes créateurs qui suivent des logiques particulières, liées à l'intention de l'artiste.
"Je suis donc tu es" par Maylis de Poncin. Nikon film festival, 2019
Que ce soit de manière induite ou littérale, de nombreux artistes
dénoncent le gaspillages de notre société de consommation, en utilisant
l'accumulation comme mode de création.
Les déchets peuvent être mis en scène sous forme d'installation et leur présence en tant que tels vaut tous les discours.
Quand ils sont utilisés comme matériaux pour leurs qualités esthétiques,
ils provoquent également par leur nature et leur provenance, un
questionnement critique sur la société de consommation.
Leur représentation sous forme d'images: collages, photographies,
peintures, ...etc... peut montrer l'horrible beauté qui se dégage de
leur accumulation, alors même qu'ils ne sont parfois encore que biens de
consommation, symboles du déchet en devenir, futurs détritus.
L'accumulation en tant que notion esthétique d'envahissement de l'espace
par la multitude, amplifie l'idée de surproduction, de pollution,
créant la même sensation d'oppression...
Arman. "Poubelle". Série débutée en 1959. Boite en plexiglas avec objets jetés aux ordures
Dirty white trash, with gulls (1998),Tim NobleetSue Webster. Tas d'ordures ménagères en forme de silhouettes, projetées sur un mur: nous sommes ce que nous consommons...
Wasteland (2012),
de Vik Muniz. Tableau de grands maîtres reproduits avec des déchets de
la décharge de Rio (ici, assassinat de Marat par david)
Liu
Jianhua, Installation: objets non dégradables se déversant d'un
container, envahissant l'espace d'exposition comme cela arrive tous les
jours en mer
Julien
Garcia. Assemblage en forme d'animaux réalisés avec des petits objets
en plastique. interpelle sur la destruction de la faune par la
concentration de ce matériaux dans l'environnement
Bernard Pras. Installation anamorphose reconstituant la vague d'Hokusai. La mer devient une poubelle...
Tom
Deininger. Tableau en relief constitué de détritus, représentant le
drapeau américain. Les USA à l'origine de la société de consommation...
Tony
Cragg. Installation: détritus en plastique triés par couleur et collés
au mur, formant une palette de peintre. Interroge le rôle de l'artiste
sur les question d'environnement
Claire
Morgan. Installation en sac plastique de supermarché. Pourquoi utiliser
une ressource précieuse (pétrole) pour une utilisation éphémère,
ingrate et polluante?
Mary
Ellen Croteau. Tableau autoportrait en bouchon de bouteilles
plastiques. La beauté dans nos déchets... Alors pourquoi les jeter?
Chris Jordan, "cellphone", Atlanta, 2005, photographie dans un centre de destruction de téléphone mobiles, série "intolerable beauty"
Liu
Bolin. Photographie avec corps de l'artiste peint posant devant un
rayon de grand magasin, disparaissant parmi ces objets de consommation
Ru
Xiaofan, Portrait peint: le personnage se surcharge et disparaît sous
les objets que la société de consommation lui donne à désirer
Erro,
" Food Scape", peinture de grand format remplie de représentations de
nourriture donnant un sentiment d’écœurement face à la surconsommation
David Cintract, collage. Un super héro essaye de se frayer un chemin parmi une multitude d'images cultes de la publicité.
Jani Leinonen, The Most Terrible Things, 2015. Photo: Finnish National Gallery / Pirje Mykkänen Bas relief reprenant des logos de
marques:"les choses les plus terribles, guerres, génocides, et
esclavage, ne résultent pas de la désobéissance, mais de l’obédience".
Alerte sur l'influence des grand trust de la société de consommation sur
les situations économiques, sociales et géopolitiques dans le monde.
David Terrazzano, crée des images peintes ou infographiques, qui posent un regard critique sur la société moderne
Alternative ou complément aux journées du patrimoine ce week end, la Digital Week à Nantes, avec des atleliers, des escape games, des rencontres, des expositions, des performances, des visites, des forum ...etc... pour petits et grands.
Avoir absolument pour les fan d'art numérique: L'exposition "Vers l'infini et au dela" au Stéréolux à Nantes. Attention, cette exposition est très temporaire: du 17 au 20 septembre 2020!
Pour vous mettre en appétit, clichets d'un bref instant de ces oeuvres lumineuses, mouvantes, immersives:
"Eldorado", par Laurent Latorpille
"Equilibre", par Mikael Lafontaine
"1.3 seconde", par Guillaume Marnin
Pour en savoir plus sur l'exposition et les artistes, cliquer ICI.
Interview d'artiste, Mickael Lafontaine vous parle de son travail: Cliquer ICI.