Dans le cadre du projet interdisciplinaire, mis en place autour du Concours du Livre de science pour tous, les élèves de troisième ont réalisé une création numérique qui les a amenés à travailler les rapports de proportion, de profondeur et de mouvement.
Quelles soient figuratives ou abstraites, ces petites animations mettent en scène les notions scientifiques abordées dans les livres qu'ils ont lus et dont ils ont élus leur préféré.
Afin de défendre leur choix de livre, ils ont également réalisé des lap book créatifs, dans lesquels leurs argumentations permettent de comprendre leur point de vue de lecteur.
Pour voir les différents aspects du projet (art, sciences, littérature, documentation), les réalisations (lap books et animations) et le résultat des votes:
Que se passe-t-il quand un mouvement en rencontre un autre? Les physiciens vous répondraient par une formule mathématique. Les élèves de troisième en arts plastiques ont cherché comment le mettre en scène sous forme de vidéo, afin d'en montrer la beauté formelle.
Au delà de la performance, l'interaction entre le mouvement d'un objet et le mouvement du corps humain peut prendre des allures dramatiques, ludiques, absurde, satyrique...
Richard SERRA, Hand Catching Lead, 1968, Centre Georges Pompidou, Paris
Par un seul plan séquence, ou par montage, les répétitions, variations, déformations et autres réactions d'interférence sont mises en évidence, avec leur part de hasard et de chaos.
Avec comme modalité commune du noir et blanc et du plan serré, afin que l'environnement ne vienne pas parasiter le propos, les élèves ont travaillé leurs images, mais aussi parfois le son, qui apporte à leurs vidéos un caractère particulier, en lien avec leur proposition.
L'interaction du corps humains avec les objets qui l'entourent est une des questions primordiales dans tous les arts fondamentaux qui interrogent le mouvement, mais elle ne manque pas de nous surprendre, quand elle est mise en évidences dans les arts appliqués, (qui par essence, essaient le plus souvent d'utiliser le mouvement, sans le mettre en questionnement de manière consciente) comme dans cette campagne de prévention routière canadienne.
Hybridation : deux éléments fusionnent pour n'en créer plus qu'un, tout en restant l'un et l'autre identifiable. Bien des monstres et des chimères sont nés de cette forme d'imagination. Bien des mutations d'espèce résultent de ce phénomène.
Mais cette définition est également une des bases de la création artistique. Qu'on l'appelle harmonie ou loi de l'unicité, "le tout vaut plus que la somme des parties" (Aristote), mais est toujours égal à UN...
En ce sens, les techniques mixtes créent des oeuvres fondamentalement hybrides. C'est ce qu'ont expérimenté les élèves de cinquième en ce début d'année.
Jeux de formes, jeux de couleur, les élèves de sixième travaillent sur l'autoportrait en découpage collage, mais pas avec n'importe quelles images!
Se représenter n'est pas anodin, alors pour ce projet, place à la nourriture! Car ce que l'on mange influe directement sur la santé et définit en partie qui l'on est ...
Et je vous encourage aussi à jeter un oeil sur les projets "Not daily bread" (Pas de pain quotidien) et "Seven days of garbage" (sept jours d'ordures).
Et si je mangeais une oeuvre d'art? Que se passerait-il? Regarder le film d'animation "Dripped", de Léo Verrier, ci-dessous pour voir ce qu'il en est de Jackson Pollock et cliquer sur ce lien vers le Padlet qui expose ce qui est arrivé aux élèves...
La propagation visuelle dans une image animée, permet de remplir peu à peu un espace selon une logique chronologique et spatiale particulière, qui accompagne l'intention de l'artiste.
Les élèves de troisième ont expérimenté la notion de propagation sous la forme d'un travail préparatoire en folioscope, puis en informatique, avec la création d'un GIF animé.
L'animation, qui donne l'illusion du mouvement en intégrant la dimension temporelle, permet d'impliquer le spectateur, en faisant de lui le témoin de l'évolution de l'image qui semble bouger.
Dans les installations, formes privilégiées en art des
processus créatifs de propagation, de dissémination, de prolifération, de contamination ou de contagion..., c'est le spectateur
qui est amené à déambuler, c'est à dire à passer du temps et à bouger,
dans un environnement spatial fixe, en mouvement ou en évolution.
"Thermostat 6" est un court métrage d'animation réalisé par Maya Av-ron, Marion Coudert, Mylène Cominotti et Sixtine Danopour leur diplôme de fin d'étude à l’école des Gobelins.
Elles ont utilisé cette opportunité
pour traiter d’un thème qui leur tient à cœur : les enjeux du
réchauffement climatique face au déni dans lequel nous sommes prostrés, en tant que société.
Ce film d’animation se base sur une métaphore qui fait un parallèle entre l’état de l’environnement et un repas de famille.
«
Notre famille représente les différentes réactions des membres de la
société face aux enjeux actuels. On s’est dit qu’une famille, avec ses
différentes personnalités et générations serait parfaite pour aborder ce
thème. La fuite d’eau c’est le débordement in-arrêt-able, l’emballement
climatique qui arrive, la montée des eaux et du thermostat.
La maison, c’est la Terre, passée de génération en génération, qui s’est dégradée et n’a jamais été réparée.
La mère, le consumérisme, fait oublier les problèmes en apportant un flot de divertissements tous plus appétissants les uns que les autres.
Le père, consommateur indifférent, repose sa
responsabilité sur un plombier qui ne viendra jamais et préfère
relativiser : après tout c’est plus agréable quand il fait plus chaud.
Le grand-père, figure patriarcale et
conservatrice s’empêche de voir la réalité avec son journal devant les
yeux. C’est lui qui a construit le système et on ne touche pas ses
fondations ! Tout a toujours très bien fonctionné, pourquoi le remettre en question ?
Le petit garçon est emporté dans le flot des conséquences des problèmes non réglés des générations précédentes.
Et enfin la jeune fille, seule à tenter
d’arrêter la fuite illustre les prises de consciences et les tentatives
d’action maladroites car trop isolées et rarement soutenues. C’est le citoyen, le militant qui n’a pas abandonné et qui continuera à chercher une solution jusqu'au bout malgré la hauteur du problème. »
Let’s Pollute est un film d’animation écrit et réalisé par Geefwee Boedoeet produit par Happy-Go-Dismal en 2009.
D’un
style clairement inspiré des films éducatifs des années 50-60, c'est un
film satirique sur l’évolution de nos habitudes de consommation et les
conséquences que cela impliquent pour la planète. Il démontre à quel
point la pollution dont nous sommes héritiers contribue à la prospérité
de notre économie.
En
misant sur l’ironie, le résultat permet d’aborder des problèmes
environnementaux sérieux avec une pointe d’humour tout en tournant au
ridicule des comportements irresponsables.
Quelles
sont nos valeurs aujourd'hui ? Pourquoi consommons-nous sans vraiment
nous soucier (ou rarement) de l’impact de nos choix ? Qu’est-ce qui
justifie une telle hypocrisie généralisée ? Notre confort perpétuel en
vaut-il le prix ?
Nominé aux Oscars du court-métrage d'animation 2011, Let's Pollute nous plonge dans l'incohérence qu'est notre réalité moderne avec un second degrés critique effrayant.
Pourquoi se voiler la face ? Nos actes détruisent la planète, alors encourageons les ! Nous
suivons une famille au fil du temps qui fait son maximum pour
s’intégrer à une société où le gaspillage et la pollution sont les
moteurs. Après un petit rappel de notre héritage de pollueurs
inexpérimentés, le court métrage nous rappelle que la révolution
industrielle et l’invention de la machine sont venus à notre secours
afin d’enfin pouvoir polluer jour et nuit sans interruption.
Exploitez
sans modération les ressources naturelles, achetez toujours plus, que
du jetable de préférence, ne triez pas vos déchets, luttez contre le
restrictions environnementales qui empêche la pollution chimique des
industries, ne réparez rien, n’achetez jamais d’aliments bio, préférez
les plats préparés sur-emballés…
Grâce à Let’s Pollute, apprenez à mieux polluer et détruire la planète. "Polluer est votre privilège. Et votre devoir !"."Avec de la discipline, vous pouvez toujours consommez plus, gaspillez plus, tout en étant moins responsables !"
Cette critique de la société de consommation s'ancre dans "l'american
way of life" qui a servi de modèle au développement des sociétés
occidentales depuis les années 1930, trouvant sa pleine influence après
la seconde guerre mondiale et pendant la guerre froide.
Louisville, Kentucky, 1937. Margaret Bourke-White
Epoque de prospérité fictive (seule une partie de la population y avait
accès...) et de bonheur stéréotypé, cette manière de vivre insouciante,
basée sur la consommation et les loisirs, a été célébrée autant que
critiquée par le pop art, qui en montre la beauté idéalisée.
Les artistes utilisent les images emblématiques et populaires
(publicités, affiches de cinéma, magazines, bandes dessinées...) et les
objets du quotidien, sources d'envie et de plaisir, comme matériaux et
thème de représentation. Ils exploitent également le système médiatique
en plein essor, comme nouveau moyen d'organisation et de diffusion de
la création artistique.
"Quand on y songe, les supermarchés sont un peu comme des musées". Andy Wahrol
Andreas Gursky « 99 cents » 1999, photographie de grand format d'un supermarché accumulant les marchandises
« Plus on regarde exactement la même chose, plus elle perd tout son sens, et plus on se
sent bien, avec la tête vide. » Andy Wahrol
Andy Warhol, 32 soupes campbell, 1962
Martial Raysse, Soudain l'été dernier, 1963 - Centre Pompidou, musée national d’art moderne
Roy Lichtenstein, femme au miroir, 1963
Tom Wesselmann – Still life n°30 (1963) 122 x 167,5 x 10 cm MoMA
James Rosenquist: World’s Fair Mural, 1964
Jusqu'à la fin du XXème siècle, les artistes critiques de la société de
consommation en ont principalement dénoncé le caractère aliénant pour
l'individu, face à ses dérives économiques, politiques, idéologiques et
sociales.
Collage de Richard Hamilton,1956 Just what is it that makes today’s homes so different, so appealing?
Keith Haring. 1958-1990. Drapeau américain
Ralph Goings, "America’s Favourite", 1989, Collection of Susan P. and Louis K. Meisel, New York
Barbara KRUGER, Untitled (I shop therefore I am), 1989
Supermarket lady, Duane HANSON, 1969.
Jean-Baptiste
Mondino, photographie pour pochette de l'album "J'accuse" de Damien
Suaez, 2010, qui dénonce la société de consommation façon Zola (
l'affiche a été interdite par la censure dans les rues de France... )
La chute, Banksy, quartier chic de Mayfair (Bruton Lane), London, 2011
Aujourd'hui, l'urgence écologique incite les artistes à critiquer la
société de consommation globalisée pour ses conséquences catastrophiques
pour la planète: changement du climat, mort de la nature, détérioration
des conditions de vie et de la santé des humains.
La création consiste à remplir peu à peu un espace donné, qui laisse transparaître la chronologie du processus technique. Les phénomènes de propagation, de dissémination, de prolifération, de contamination sont des gestes créateurs qui suivent des logiques particulières, liées à l'intention de l'artiste.
"Je suis donc tu es" par Maylis de Poncin. Nikon film festival, 2019
Que ce soit de manière induite ou littérale, de nombreux artistes
dénoncent le gaspillages de notre société de consommation, en utilisant
l'accumulation comme mode de création.
Les déchets peuvent être mis en scène sous forme d'installation et leur présence en tant que tels vaut tous les discours.
Quand ils sont utilisés comme matériaux pour leurs qualités esthétiques,
ils provoquent également par leur nature et leur provenance, un
questionnement critique sur la société de consommation.
Leur représentation sous forme d'images: collages, photographies,
peintures, ...etc... peut montrer l'horrible beauté qui se dégage de
leur accumulation, alors même qu'ils ne sont parfois encore que biens de
consommation, symboles du déchet en devenir, futurs détritus.
L'accumulation en tant que notion esthétique d'envahissement de l'espace
par la multitude, amplifie l'idée de surproduction, de pollution,
créant la même sensation d'oppression...
Arman. "Poubelle". Série débutée en 1959. Boite en plexiglas avec objets jetés aux ordures
Dirty white trash, with gulls (1998),Tim NobleetSue Webster. Tas d'ordures ménagères en forme de silhouettes, projetées sur un mur: nous sommes ce que nous consommons...
Wasteland (2012),
de Vik Muniz. Tableau de grands maîtres reproduits avec des déchets de
la décharge de Rio (ici, assassinat de Marat par david)
Liu
Jianhua, Installation: objets non dégradables se déversant d'un
container, envahissant l'espace d'exposition comme cela arrive tous les
jours en mer
Julien
Garcia. Assemblage en forme d'animaux réalisés avec des petits objets
en plastique. interpelle sur la destruction de la faune par la
concentration de ce matériaux dans l'environnement
Bernard Pras. Installation anamorphose reconstituant la vague d'Hokusai. La mer devient une poubelle...
Tom
Deininger. Tableau en relief constitué de détritus, représentant le
drapeau américain. Les USA à l'origine de la société de consommation...
Tony
Cragg. Installation: détritus en plastique triés par couleur et collés
au mur, formant une palette de peintre. Interroge le rôle de l'artiste
sur les question d'environnement
Claire
Morgan. Installation en sac plastique de supermarché. Pourquoi utiliser
une ressource précieuse (pétrole) pour une utilisation éphémère,
ingrate et polluante?
Mary
Ellen Croteau. Tableau autoportrait en bouchon de bouteilles
plastiques. La beauté dans nos déchets... Alors pourquoi les jeter?
Chris Jordan, "cellphone", Atlanta, 2005, photographie dans un centre de destruction de téléphone mobiles, série "intolerable beauty"
Liu
Bolin. Photographie avec corps de l'artiste peint posant devant un
rayon de grand magasin, disparaissant parmi ces objets de consommation
Ru
Xiaofan, Portrait peint: le personnage se surcharge et disparaît sous
les objets que la société de consommation lui donne à désirer
Erro,
" Food Scape", peinture de grand format remplie de représentations de
nourriture donnant un sentiment d’écœurement face à la surconsommation
David Cintract, collage. Un super héro essaye de se frayer un chemin parmi une multitude d'images cultes de la publicité.
Jani Leinonen, The Most Terrible Things, 2015. Photo: Finnish National Gallery / Pirje Mykkänen Bas relief reprenant des logos de
marques:"les choses les plus terribles, guerres, génocides, et
esclavage, ne résultent pas de la désobéissance, mais de l’obédience".
Alerte sur l'influence des grand trust de la société de consommation sur
les situations économiques, sociales et géopolitiques dans le monde.
David Terrazzano, crée des images peintes ou infographiques, qui posent un regard critique sur la société moderne